MAKASSAR
Makassar, anciennement Ujung Pandang, est le « chef lieu » de l’île de Sulawesi, auparavant appelée Célèbes. La ville compte 1,6 millions d’habitants. Pas grand chose à y voir, hormis l’immanquable port de Pelabuhan Paotere au nord de la ville, grouillant d’activité, où de nombreuses personnes s’affairent à charger et décharger les bateaux sous une chaleur écrasante. Une profusion de « kapal pinisis », goélettes traditionnelles Bugis en bois, robustes et ventrues (aujourd’hui équipées de moteurs) masquent la ligne d’horizon.
Port de Pelabuhan Paotere
Un village le long du chenal
Bateaux et kapal pinisis (en arrière plan)
Au terme de notre visite, au bout du quai principal, nous remarquons un vieux monsieur contournant le haut mur d’enceinte et nous décidons de le suivre afin de ne pas retourner sur nos pas. Nous empruntons une passerelle rustique et bancale en bois qui nous mène – au terme d’un numéro d’équilibriste – au beau milieu d’un village de pêcheurs pittoresque aussi coloré que crapoteux. Le genre d’endroit que nous adorons… Un dédale de ruelles très étroites où il fait bon s’y perdre, à la rencontre des gens et de leur quotidien. Nous sommes accueillis avec de larges sourires et des « Hello sir ! » en pagaille. Les gamins viennent à notre rencontre tout comme les adultes qui demandent également à être pris en photo. On nous interpelle à chaque instant et malgré la barrière de la langue nous réussissons à communiquer entre nous. Une véritable aubaine. Les rires fusent dans tous les sens. Ah, l’Asie, quel accueil, c’est génial.
Séchage du poisson
Une heure et demie plus tard, nous quittons ce « village dans la ville » mais après ces hasardeuses déambulations nous ne savons plus exactement à quel endroit nous sommes désormais. De plus, il n’y a aucune voiture dans le coin mais par miracle nous croisons un taxi qui nous ramène dans le centre ville. Nous revenons de cette balade épique avec une banane et une pêche communicatives. Ce soir au menu c’est « nasi goreng tinta », riz frit aux calamars et leur encre.
Marins - Découpe du poisson - Nasi goreng tinta
MAKASSAR - TANAH BERU - PANTAI BIRA
En route pour Bira, nous faisons une halte au chantier naval de Tanah Beru, où des charpentiers de marine construisent les fameux bateaux Bugis en bordure de plage sous les cocotiers. Ils utilisent des techniques ancestrales : pas de clous mais uniquement des chevilles de bois.
Salines sur la route vers Bira
Chantier naval de Tanah Beru
Maison traditionnelle Bugis
Puis arrivée à Bira Beach à 190 km au sud-est de Makassar pour une petite halte d’une nuit, juste le temps de profiter de sa plage de sable blanc et de ses eaux turquoises. Déserte en semaine, cette petite station balnéaire est envahie le week-end par les habitants de Makassar qui y débarquent en masse. Nous y croisons plus de chèvres que de touristes.
Bira
Plage de Bira
PANTAI BIRA - PAYS KAJANG - SENGKANG
En route pour Sengkang, nous visitons un village Towa en pays Kajang. Avant de pouvoir rencontrer la tribu des Amma Toa, il faut tout d’abord faire une halte chez le chef du village, où l’on nous habille « couleur locale » : tout en noir de la tête aux pieds. Volontairement coupés de la civilisation moderne, sans électricité, cette tribu s’efforce de conserver ses coutumes ancestrales très respectueuses de la nature. Notre guide (qui nous sert également d’interprète) nous fait entrer dans une maison sur pilotis où trois anciens tout de noir vêtus , nous accueillent assis en tailleur sur des nattes de bambou. L’Intérieur est très sobre voire minimaliste : quasiment aucun meuble. Chose incroyable, il s’avère que ces personnes n’ont jamais quitté le village de leur vie. Les plus jeunes leur apportent leur nourriture. Mais ces coutumes tendent à disparaître avec les nouvelles générations qui aspirent à plus de modernité et de confort.
Puis nous arrivons à Sengkang, point de départ pour la découverte du lac Tempe prévue demain matin. Très peu d’infrastructures touristiques dans cette ville majoritairement musulmane. L’hôtel le plus correct de cette bourgade est complet et nous logerons donc ce soir dans une chambre borgne des plus rustiques, glauque au possible mais qui a tout de même le mérite de nous déclencher un fou rire, tellement elle est kitsch. Cerise sur le gâteau, elle se situe à côté de la salle de prière où règne une intense ferveur.
SENGKANG - LAC TEMPE - RANTEPAO
Ce matin, nous embarquons à bord d’une longue pirogue à moteur pour rejoindre un village de pêcheurs flottant au beau milieu du lac Tempe. Les couleurs sont magnifiques au lever du soleil. Le ciel (qui se reflète dans l’eau) et le lac ne font qu’un. Un paysage qui ravirait plus d’un aquarelliste. Des nuées de grues, de hérons et d’aigrettes s’envolent à notre passage. Magnifique. Nous croisons également des pêcheurs qui lancent leurs éperviers à l’eau. De temps à autre, nous ressentons des frottements provenant du fond de la pirogue, qui file à vive allure sur un lac si peu profond à cette période l’année que nous venons de nous échouer… Nous devons faire un choix : un seul d’entre nous peut continuer vers le village flottant. Le choix est vite fait, le plus lourd étant Serge, c’est lui qui débarque. Hadi, notre boat man allège au maximum la barque en ôtant les caillebotis recouvrant le fond du bateau et les balance sur un tapis de jacinthes d’eau sauvages pour créer un petite plate forme servant au puni. Et voilà Serge, planté au beau milieu de nulle part avec pour seule compagnie des centaines d’oiseaux dans un décor paradisiaque. Pas un bruit, grand moment de quiétude. Gros moment de solitude aussi lorsqu’il pense à l’éventuelle visite de bestioles genre serpent ou autres…
Rivière reliant Sengkang au Lac Tempe...
bordée de nombreuses mosquées
Oiseaux et jacinthes sauvages sur le lac tempe
Pendant ce temps, Seb parvient sans encombre au centre du lac dans le village lacustre où les pêcheurs font sécher les poissons sur de grandes plateformes en bois ou sur des claies.
Hadi relève les filets dans très peu de profondeur
Séchage du poisson
Oeufs de poissons consommés frits (à droite)
Cuisine
Route vers Rantepao
Nasi Campur devant la "montagne érotique"
Retour à Sengkang puis direction le pays Toraja que nous atteignons après trois heures de route et après être passé sous une porte construite selon l’architecture traditionnelle d’un Tangkonan (maison Toraja). Les paysages changent du tout au tout. Les plaines sèches font place aux montagnes couvertes de rizières à l’approche de Rantepao où nos logeons. Cette petite bourgade située au cœur du pays Toraja, elle est le point de départ idéal pour rayonner vers les différents sites.
SUD DU PAYS TORAJA : LEMO - KAMBIRA - TAMPANGAILO
Le pays Toraja aux traditions séculaires se trouve à dix bonnes heures de route de Makassar. C’est l’endroit incontournable le plus visité de l’île de Sulawesi. 80 % des torajas sont chrétiens, majoritairement protestants. L’autre partie de la population est soit musulmane soit animiste.
Les rites funéraires très élaborés, et immuablement enracinés dans le quotidien des habitants et le rapport à la mort si particulier perçu lors de nos visites de différents sites mortuaires, constituent certainement l’expérience la plus marquante et la plus fascinante que nous ayons vécue durant ces deux jours de visite.
Une Tangkonan, maison traditionnelle Toraja
Les tombes du site de Lemo sont creusées dans les falaises rocheuses. Les Tau-tau , effigies en bois sculptées à l’image du défunt vous tendent les bras du haut de leurs balcons et protègent ainsi la famille du défunt. Seuls les personnes riches et les nobles ont droit à leurs effigies.
Tombeaux et Tau-Tau à Lemo
Jour de marché
Tabac et noix de bétel
Café
Ce petit tour au marché nous a bien creusé. Nous en profitons pour déguster une spécialité de la cuisine toraja, le "pa'piong" : poulet à la noix de coco et à la citronnelle mijotés dans un bambou.
Les enfants dont les dents n’ont pas encore poussées sont placés à leur mort en position debout dans le trou creusé dans un tronc d’arbre. Ils continuent ainsi à grandir en même temps que ce dernier.
Tombes pour bébés près de Kambira
Site funéraire de Tampangailo
SUD DU PAYS TORAJA : LONDA - KETE KESU
Le site de Londa se différencie de celui de Lemo de part ses cercueils suspendus au parois rocheuses et d’autres entassés dans les grottes calcaires.
Offandes en fleurs et cigarettes....
Pour avoir sa place au balcon et avoir son Tau-Tau, il faut sacrifier au minimum 25 buffles lors de la cérémonie des funérailles mais ce nombre dépasse parfois la centaine. Quant on sait qu’un buffle peut coûter plus de 6000 euros, c’est une véritable folie !
Cercueils suspendus
Cercueils entassés dans les grottes
Fumer tue
Les villages traditionnels à l’architecture unique sont souvent construits selon le même plan : un alignement de Tangkonans (maisons traditionnelles) fait face à un même alignement de greniers à riz. Ils sont séparés par une large allée centrale.
L’épais toit en bambou des Tangkonans évoque pour certains la forme d’un bateau et pour d’autres la forme des cornes de buffles. Les murs extérieurs en bois sont sculptés et les motifs peints en rouge, jaune, banc et noir. Le nombre de cornes de buffles (animaux sacrifiés) parfaitement alignés sur la devanture de chaque maison reflète la position sociale du propriétaire, reflet fondamental pour les torajas nobles de leur identité, de leur statut social et de leur activité rituelle.
Le village de Kete Kesu, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en est l’un des plus beaux exemples.
Village de Kete Kesu
Grottes mortuaires et cercueils suspendus de Kete Kesu
Autre spécialité de la cuisine toraja (et oui il y a encore de l'apétit après tous ces squelettes !) : poisson à la sauce noire.
NORD DU PAYS TORAJA : PALAWA - SADAN - BATUTUMONGA - LOKO MATA
Notre village préféré : Palawa
Le village de Sadan est particulièrement décoré et pour cause : il se prépare à une cérémonie funéraire. Malheureusement pour nous ce ne sera pas pour aujourd’hui, les habitants préférant se rendre à l’église en ce dimanche. Il ya deux étapes dans la vie des torajas : la naissance et la mort. Les funérailles donnent lieu à d’immenses rassemblements où chaque invité apporte une offrande à la famille du défunt. De nombreux sacrifices sont alors pratiqués (cochons, buffles) dans le but d’assurer au défunt la vie éternelle dans l’au-delà et afin d’assurer également la sécurité de ses descendants. Le buffle est un animal sacré qui permet justement à l’âme du défunt d’atteindre le paradis en voyageant sur son dos. Pour endiguer ces massacres, le gouvernement indonésien a dorénavant instauré une taxe sur chaque animal égorgé lors des cérémonies.
Village de Sadan
Paysages au alentours du village de Batutumonga
Rizières en terrasses
Spa
Site funéraire de Lokomata
Offrandes diverses
RANTEPAO - MAKASSAR
Dîner mémorable de gambas et de calamars au restaurant "Kios Semarang" à Makassar
MAKASSAR - MANADO - GANGGA ISLAND
Ce matin nous embarquons pour 01h15 de vol à bord d’un appareil de la compagnie low-cost « Lion Air » destination Manado au nord de l’île. Une heure de route plus tard à travers de somptueux paysages de jungle épaisse (dissimulant des mines d’or clandestines), nous arrivons à l’extrême nord de l’île où un bateau nous attend pour rejoindre en 20 minutes l’île de Gangga. C’est là que nous avons décidé de passer quelques jours de farniente dans ce petit coin de paradis.
VILLAGES DE GANGGA ISLAND
La visite de l’île est très pittoresque. Les habitants sont d’une grande gentillesse aussi bien dans le premier village catholique que dans le deuxième, musulman. Les deux communautés - quasiment tous des pêcheurs Bajaus - vivent en parfaite harmonie. Ils utilisent principalement de grandes plateformes à carrelets (filets), typiques de ce peuple de marins.
Village catholique
Ecoliers
Grandes plateformes à carrelets
Village musulman et sa mosquée
Ecoliers






































































































































































